Retraite progressive : pourquoi c'est inadapté aux médecins libéraux
Le principe
La retraite progressive permet de liquider une fraction de sa retraite tout en poursuivant une activité à temps partiel (entre 40 % et 80 % de la durée légale du travail). La retraite provisoire est calculée sur les droits acquis à la date de la demande — avec une éventuelle décote, mais non définitive.
Les conditions d'accès
- Avoir au moins 60 ans (abaissé depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, quelle que soit l'année de naissance)
- Avoir acquis au moins 150 trimestres tous régimes confondus
- Exercer à temps partiel : entre 40 % et 80 % de la durée légale
Pourquoi c'est inadapté aux médecins libéraux (CARMF)
1. Un déclenchement uniquement au 1ᵉʳ janvier
Contrairement aux salariés, les médecins libéraux ne peuvent déclencher la retraite progressive qu'au 1ᵉʳ janvier de chaque année. Cette rigidité rend le dispositif très peu souple à piloter.
2. Un revenu libéral difficile à maîtriser
La condition de temps partiel est évaluée par la diminution des revenus professionnels sur les 5 dernières années. Or, les revenus d'un médecin libéral peuvent fluctuer naturellement d'une année à l'autre (remplacements, gardes, activité variable). Il est très difficile de garantir de tomber précisément dans la fourchette des 40 % à 80 %.
3. Perte de la couverture invalidité-décès
Le médecin en retraite progressive n'est plus couvert par le régime invalidité-décès de la CARMF, ni pour les arrêts de travail de plus de 90 jours. C'est une protection importante à laquelle il renonce.
4. Seul le régime de base est versé — pas les complémentaires
C'est le point le plus pénalisant : la retraite progressive à la CARMF ne porte que sur le régime de base, qui représente en moyenne ~21 % de la pension totale. Le médecin ne perçoit donc qu'une fraction d'une petite fraction de sa future retraite — ce qui rend le dispositif peu attrayant sur le plan financier.
5. Une complexité qui décourage
Selon les gestionnaires de la CARMF, de nombreux médecins qui engagent la procédure finissent par l'annuler, jugeant le dispositif trop complexe à mettre en place.
Quelle alternative pour lever le pied progressivement ?
Pour un médecin qui souhaite réduire son activité avant la retraite, d'autres options sont souvent plus adaptées :
- Réduction simple de l'activité (impact souvent moins fort qu'anticipé sur la pension — voir notre cas pratique)
- Cumul emploi-retraite après liquidation, si les conditions sont réunies
- Bilan retraite personnalisé pour trouver le bon équilibre entre pension et activité réduite
🎯 Vous envisagez de lever le pied progressivement ?
Un bilan retraite personnalisé vous aide à choisir la meilleure stratégie de sortie progressive.
→ Cas pratique : impact d'une baisse d'activité sur la pension
Source : CARMF.