Quelle rémunération « idéale » pour bien cotiser à la CARMF ?
Les plafonds de cotisation CARMF : au-delà, vous cotisez sans générer de droits
Les trois régimes obligatoires CARMF ont chacun un plafond au-delà duquel les cotisations supplémentaires ne génèrent plus de points — et donc plus aucun droit à la retraite.
| Régime | Mode de calcul | Plafond de revenus générateur de droits | Au-delà du plafond |
|---|---|---|---|
| Régime de base | 557 pts pour 1 PASS (48 060 €) + 25 pts max au-delà | ~240 000 € (5 × PASS) | Aucun point supplémentaire |
| Régime complémentaire (RC) | 1 point par tranche de 14 602 €, max 11,52 pts/an | ~168 000 € (11,52 × 14 602 €) | Aucun point supplémentaire |
| Régime ASV | 27 pts forfaitaires + 1 pt par tranche de 7 987 €, max 9,5 pts | ~76 000 € (9,5 × 7 987 €) | Aucun point supplémentaire |
💡 En pratique, le plafond le plus contraignant est celui du régime complémentaire (RC), qui représente ~45 % de la pension totale. Au-delà de ~168 000 € de BNC, vous ne générez plus aucun point RC supplémentaire — quel que soit votre revenu réel.
Ce que cela signifie concrètement
Un médecin qui gagne 100 000 € de BNC et un médecin qui en gagne 300 000 € auront, toutes choses égales par ailleurs, exactement la même pension complémentaire RC — à partir du moment où tous deux dépassent le plafond de ~168 000 €.
La différence : le médecin à 300 000 € a cotisé bien davantage, mais sans générer un seul euro de pension supplémentaire sur la RC. Ces cotisations au-delà du plafond sont définitivement perdues du point de vue des droits à la retraite.
La rémunération "idéale" du point de vue CARMF
D'un strict point de vue retraite, la rémunération la plus efficace se situe autour de 168 000 € de BNC — niveau auquel on atteint le plafond RC sans le dépasser significativement. En dessous, on n'optimise pas ses droits ; au-delà, on cotise "à perte" sur le plan de la retraite.
Mais cette logique doit s'articuler avec une réalité plus large : la capacité réelle à piloter sa rémunération.
En BNC direct : impossible de choisir sa rémunération
Le médecin libéral exerçant en BNC (bénéfice non commercial) en direct est imposé sur la totalité de son bénéfice, qu'il en ait besoin ou non pour son train de vie. Si ses recettes s'élèvent à 400 000 €, il sera imposé sur ~400 000 € (déduction faite des charges), à sa tranche marginale d'imposition — sans possibilité de "choisir" de ne se verser que 150 000 €.
Via une SELARL : piloter sa rémunération, réduire la fiscalité, capitaliser
La SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) change fondamentalement cette logique. En exerçant via une SELARL soumise à l'IS (Impôt sur les Sociétés), le médecin peut se verser uniquement la rémunération dont il a besoin pour couvrir son train de vie — et laisser le reste dans la société.
Un exemple chiffré
| BNC en direct | Via SELARL | |
|---|---|---|
| Recettes annuelles | 400 000 € | 400 000 € |
| Charges et cotisations | ~100 000 € | ~100 000 € |
| Rémunération perçue | 300 000 € (imposée à la TMI) | 150 000 € (calibrée sur le train de vie) |
| Bénéfice laissé en société | 0 € | 150 000 € (imposé à l'IS : 15 % ou 25 %) |
| Fiscalité personnelle | Très élevée (TMI 45 %) | Réduite (TMI sur 150 000 €) |
| Droits à la retraite CARMF | Identiques au-delà du plafond RC | Identiques (cotisations sur la rémunération) |
Où va l'argent laissé dans la SELARL ?
Le bénéfice laissé dans la société n'est pas "bloqué" : il peut être investi via la SELARL dans des supports de capitalisation (contrat de capitalisation, immobilier, placements financiers…). La société devient ainsi un outil de capitalisation pour la retraite, avec une fiscalité IS bien plus favorable que la TMI personnelle.
Quand cette stratégie est-elle particulièrement efficace ?
La SELARL est d'autant plus intéressante que l'écart entre la capacité à se rémunérer et le train de vie réel est grand. Typiquement :
- Un médecin avec des recettes de 300 000 à 500 000 € et un train de vie qui nécessite 120 000 à 150 000 € nets
- Un médecin dont les enfants sont partis, le crédit immobilier remboursé, et les charges personnelles réduites
- Un médecin qui souhaite préparer sa retraite tout en réduisant sa fiscalité immédiate
Les points de vigilance
- La SELARL a un coût de structure (comptabilité, formalités juridiques, coût de création) qui doit être mis en regard du gain fiscal
- La sortie de trésorerie de la SELARL (dividendes, rémunération complémentaire future) génère une fiscalité à prévoir
- La rémunération doit rester cohérente avec le mandat social — un salaire trop bas peut attirer l'attention de l'administration fiscale
- Cette stratégie nécessite un accompagnement comptable et juridique adapté aux professions de santé
🎯 Votre rémunération est-elle bien calibrée pour votre retraite ?
Notre bilan retraite analyse votre situation (BNC, SELARL, revenus, train de vie) et vous aide à identifier le niveau de rémunération le plus efficace pour optimiser à la fois vos droits CARMF et votre fiscalité.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler BNC et SELARL ?
Oui, sous conditions. Certains médecins exercent une partie de leur activité en BNC (remplacements, consultations ponctuelles) et une autre via leur SELARL. L'organisation doit être structurée avec soin pour éviter tout risque de requalification.
Les cotisations CARMF sont-elles les mêmes en SELARL ?
Les cotisations CARMF sont calculées sur la rémunération perçue par le médecin gérant (son "salaire" de la SELARL), pas sur le chiffre d'affaires de la société. C'est précisément ce qui permet d'optimiser.
À partir de quel revenu la SELARL devient-elle intéressante ?
En général, à partir de recettes annuelles d'environ 200 000 à 250 000 €, l'écart de fiscalité entre BNC et SELARL commence à justifier les coûts de structure. En dessous, le PER et d'autres solutions restent souvent plus simples et efficaces.
Source : CARMF. Les données fiscales sont à titre indicatif — consultez un expert-comptable spécialisé dans les professions de santé pour une analyse personnalisée.